Près de 980 000 euros, aux contribuables pour les ex-Présidents français

Un Président à la retraite coûte chère autant qu’un président en fonction. Une lourde dépense pour l’État mais qui reste néanmoins, encore difficile à corriger. Danièle Obono propose ainsi un amendement pour abolir les avantages des anciens Chefs d’État retraités, dépensant jusqu’à 10,3 millions d’euros par an. Proposition entrant dans le plan du gouvernement tentant de réduire les APL de 5 euros par mois.

ex-presidents franceAprès la cessation de sa fonction, un ex-dirigeant français touche près de 240 000 euros par an aux contribuables, en leur vivant. Actuellement, il y a encore quatre anciens Présidents dont Valéry Giscard-d’ Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ce qui fait une dépense d’environ 980 000 euros. Néanmoins, cela n’inclut pas tous les avantages qu’un ancien dirigeant se dote pour sa retraite.

Depuis plus de 20 ans, en faveur d’un courrier rédigé le 8 janvier 1985 par Laurent Fabius, les anciens Présidents jouissent, entre autre, d’une prise en charge de tous leurs déplacements en France ou à l’étranger, sur « l’ensemble des réseaux publics ferroviaires, aériens et maritimes, dans la meilleure classe ».

Un ancien Chef d’État à la retraite coûte près de 65 000 euros, avec dotation de 14 400 euros

Outre les privilèges dus, l’article 19 de la loi n° 55-366 du 3 avril 1955 gratifie les anciens Dirigeants d’une retraite d’environ 6 000 euros par mois, soit près de 65 000 euros par an, avec une dotation de 14 400 euros bruts, à chaque mois. Avec ces présidents à la retraite, cette dépense s’élève à plus de 886 200 euros.

Notamment, ces coûts ne prennent pas encore en compte les dépenses comme le personnel du cabinet, les frais de déplacement.

Privilèges matériels

L’une (n° 185) des propositions parmi les 600 amendements déposés dans le cadre de la « loi pour la régulation de la vie publique », explicite une liste des avantages matériels que les anciens Chefs d’État se doivent. Notamment, un ex-Président jouit d’un hébergement tout prise en charge, avec les ameublements et équipements, y compris le loyer, les charges et les frais généraux. De plus, un Président à la retraite, dès son départ du palais, bénéficie de 7 collaborateurs permanents avec 2 agents de service, pendant les cinq ans à venir.

En d’autres termes, les dépenses totales de chaque ancien Chef d’État s’élèveraient à plus de 6,2 millions d’euros par an, selon le Député PS. Apparemment, l’État dépenserait2,5 millions à Giscard d’Estaing ;2,2 millions d’euros à Nicolas Sarkozy et 1,5 millions d’euros pour Jacques Chirac.

Confirmées par la sortie d’un rapport de chiffre officiel en 2016, sous tutelle de François Hollande, exécuté par les deux présidents de la Cour des comptes et du Conseil d’État(Didier Migaud et Jean-Marc Sauvé), les dépenses octroyées pour les anciens Chefs d’ État français s’élèvent à 10, 3 millions d’euros par an.

Abolition des privilèges des ex Chefs d’État

La proposition n°185 avancée par la Députée de La France Insoumise (LFI) proposait déjà une suppression de certains privilèges octroyés par les anciens dirigeants, dans le cadre du projet de moralisation de la vie publique du gouvernement.

Aussi, dans l’optique de réduire la dépense de l’État que cet amendement devienne captivant. Dans cet amendement, Danièle Obono, Députée de FLI, stipule que, « Il apparaît hors de propos que ces anciens présidents puissent disposer de tels avantages indus une fois leur manda achevé.» Quoi qu’insuffisantes, cette Députée souligne que « Le Parlement peut toutefois agir sur la dotation annuelle indue qui est versée aux anciens présidents de la République.»

Rappelons que, selon la Cour des Comptes et le Conseil d’État, la suppression de cette dotation annuelle ne peut se faire « sans révision constitutionnelle, abolissant le statut de membre de droit du Conseil constitutionnel », rapportée par l’Obs.

nordsudquotidien

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