Politique — 22 octobre 2012
Cdt Léon Allah Kouakou, porte-parole du ministère de la Défense :«Où allons-nous avec tout ça ?»

Pouvez-vous nous dire concrètement ce qui s’est passé à Bongouanou ?

Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2012, une douzaine d’individu s’est invité à la brigade de gendarmerie de Bongouanou, aux environs de 2 heures 40. Ils ont pris les gendarmes en otage, les ont désarmé et se sont emparés de 13 armes dont 8 fusils Ak47 et 5 pistolets automatiques. Après la brigade de gendarmerie, ils se sont dirigés vers le cantonnement des eaux et forêts où ils ont pu prendre 5 armes dont 2 Ak47, 1 Sig et mas36 et un pistolet mitrailleur. Cela fait donc au total 18 armes que les assaillants ont pu emporter cette seule nuit, dans la seule localité de Bongouanou.

 

Est-ce qu’on a pu les intercepter ?

Non ! On n’a pas pu leur mettre la main là-dessus.

 

Y a-t-il eu du renfort envoyé dans la zone pour les rechercher ?

Ecoutez, il y avait quatre gendarmes de garde. Avant d’être totalement cernés, ils ont eu le temps d’alerter le commandant de brigade qui a eu juste le temps d’informer les autres gendarmes. Les choses sont allées très vite. Ils ont tenté de vider le magasin d’armes, mais il n’y avait rien. Ce sont les armes que portaient les gendarmes qu’ils ont emporté. En dix, quinze minutes, ils avaient fini d’opérer.

 

Selon nos informations, cette attaque a été précédée d’une rumeur annonçant un possible assaut. Comment les forces de l’ordre ont-elles pu se laisser surprendre aussi facilement ?

Oui mais, c’est là le drame. C’est en cela que moi je dis qu’il faut que chacun doit faire correctement son travail. Quand on a enregistré la première grosse attaque sur le camp militaire d’Akouédo, les hommes, dans les différentes unités, devaient être suffisamment alertés sur le danger. Ce qui n’est pas le cas. Chaque jour, on enregistre des attaques. Où allons-nous avec tout ça ? Il va falloir qu’un diagnostic sérieux soit fait et que désormais, on situe pleinement les responsabilités. Plus d’un an et demi après la fin de la crise postélectorale, on ne peut continuer à vivre dans cette ambiance délétère. 18 armes emportées en une seule nuit, ça fait trop. On doit situer les responsabilités.

 

Entretien réalisé par M. Dossa

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