Politique — 07 novembre 2012
Cdt Touré Moussa, pdt de la Codozci :«Un militaire ne peut pas être chef dozo»

Président de l’association Confrérie dozo de Côte d’Ivoire (Codozci) cdt Touré Moussa, à la retraite mais exceptionnellement à la marine nationale explique les raisons de son attachement à la confrérie.

En quelle année avez-vous intégré la confrérie des dozos ?

Depuis ma naissance. Je suis d’une famille dozo. Dès le bas âge, on reçoit l’initiation. Mais cela est passé à une autre étape en 1980 lorsque l’ambassadeur Fanny a créé une Ong qui encadrait les dozos. J’en étais le vice-président.

 

Il y a des choses dont on hérite mais qu’on abandonne ensuite. Devenu adulte vous y êtes resté et mieux vous en faites la promotion. Qu’est-ce qui explique cela ?

J’ai perçu la valeur du dozoya basé sur la dignité. Les dozos sont honnêtes. Ce ne sont pas des bandits. Le dozo est quelqu’un qui sauve, qui soigne. Le vrai dozo ne ment pas. C’est fort de ces qualités que j’ai continué.

 

Comment arrive-t-on à concilier le statut de dozo et la fonction de militaire ?

Je tiens à préciser que les deux fonctions n’ont rien à voir. Autant il y a des médecins, des enseignants dozo, autant vous avez des militaires qui appartiennent à la confrérie. Mais le soldat doit faire la part des choses. Il ne doit pas confondre le dozoya et l’armée. Celui qui veut revendiquer son statut de dozo doit attendre la retraite avant de le faire.

 

Mais vous étiez toujours dans l’armée quand vous avez commencé à faire la promotion de la confrérie.

C’était une situation particulière. Mais j’ai créé mon association lorsque j’ai pris ma retraite. Parce que j’estime qu’un militaire ne peut pas être chef dozo. Ce n’est pas possible.

 

Avoir subi l’initiation dozo est-il un plus pour le soldat ?

J’ai dit que le dozoya fait la promotion des valeurs morales. Un bon soldat est celui qui respecte les règles. A ce niveau ça se rejoint. Donc un initié peut donner un soldat plus fidèle, rigoureux, qui respecte la hiérarchie. Et qui en plus est intègre.

 

Pour mettre de l’ordre, le ministre de l’Intérieur demande aux membres de la confrérie de s’unir en une seule fédération. Pensez-vous que c’est la solution ?

Le ministre a commencé une bonne chose. Qu’il aille jusqu’au bout de son idée. L’agrément que nous avons est élargi à tous les dozos.  Aujourd’hui, j’entends des gens se présenter comme chef suprême des dozos ou encore président central des dozos. Cela n’existe pas dans le dozoya. Nous devons nous entendre. La Codozci a un agrément. Il faut confier le travail aux organisations légalement constituées. Chaque fois que je me rends dans une localité, je rentre en contact avec les autorités administratives et sécuritaires. Je peux vous dire aujourd’hui combien de dozos il y a exactement à San Pedro, à Odienné, à Aboisso.

 

Entretien réalisé par BKI

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(1) COMMENTAIRE LECTEUR

  1. S’il est vrai qu’en toute chose il faut eviter de faire l’amalgame entre ses fonctions officielles de vie publique et de vie culturelle privee, on ne peut pas demander a quelqu’un de se renier et de renier ses bases culturelles.
    Autant on ne peut pas demander a un cadre de la generation X du sud de ne pas participer aux fetes de sa generation avec les attributions conferees par sa societe secrete generationnelle, autant on ne peut demander a un jeune initie au poro ou au dozoya de ne pas participer aux manifestations de leurs sectes ou confreries au nom de je ne sais quoi d’autre. On peut etre bien un homme publique bien accompli mais bien petri de sa culture. A ce rythme ou va-t-on si on interdit a tous les cadres leurs attributs culturels, nos cultures ancestrales sont voues a une mort certaine. J’encourage donc MAMBE, ZAKARIA et autres de perseverer dans leurs efforts, et qui, sans peut etre le savoir participent a la preservation des pans de notre culture. Hey SORO, si tu es initie du bois sacre, c’est l’occasion de contribuer a encourager nos jeunes freres a perpetuer cette tradition seculaire. qui combien est comparable aux differentes phases de nos educations academiques actuelles. La polique culturelle doit etre pensee de facon integree et non sur la base des emotions des uns et des autres.

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