Politique — 23 novembre 2012
Dévoilé hier/Les grandes leçons du gouvernement

De nombreuses leçons se dégagent du gouvernement Duncan dont la composition a été dévoilée hier. L’un des enseignements majeurs, c’est le fait que le président a pris de court de nombreux pronostiqueurs.

Le retour de Ouattara de 90

La première leçon qui se dégage  du gouvernement Duncan dont la composition a été dévoilée hier, c’est son resserrement. A la différence du sortant à la taille d’éléphant (40 membres), le nouveau gouvernement ne compte que 29 ministres. Un bon point pour Alassane Ouattara qui avait marqué les esprits dans les années 1990 avec ses gouvernements qui n’ont guère dépassé 23 ministres. Aujourd’hui, la satisfaction qui se dégage de l’opinion nationale est surtout liée à l’idée que la nouvelle équipe cadre avec le contexte de crise que connaît le pays. L’autre caractéristique du gouvernement Duncan que les Ivoiriens saluent, c’est la fermeté retrouvée d’Alassane Ouattara. Il a surpris plus en coupant la tête de dinosaures de sa propre famille politique. En effet, dans la nouvelle équipe, on ne retrouve plus Gilbert Kafana Koné, une des figures emblématiques du Rassemblement des républicains (Rdr), Souleïmane Diakité Coty, le maire sortant d’Odienné qui occupait le maroquin de la Communication et Clément Nabo qui était aux Eaux et forêts. Tout comme l’ancien secrétaire général adjoint du Rdr en charge de l’organisation et de la mobilisation, le président Ouattara a enlevé à Amadou Gon Coulibaly (Sg de la présidence), à Ibrahim Ouattara (son frère et directeur financier à la présidence de la République), à Marcel Amon (son directeur de cabinet), le droit de s’asseoir autour de la table du conseil des ministres. A la faveur de la formation du gouvernement Ahoussou, ils avaient acquis le titre de ministre. Le départ de Matto Loma Cissé, et dans une moindre mesure, celui d’Albert Aggrey, -rentrés eux au gouvernement sous Jeannot Kouadio-Ahoussou-, ne constituent pas moins une surprise. Au-delà de son propre camp, le chef de l’Etat s’est entendu avec son allié, Henri Konan Bédié, pour congédier Dagobert Banzio (Commerce), Thérèse N’Dri Yoman (Santé). Même Konaté Sidiki, pourtant réputé très proche de Guillaume Soro ou encore le dithyrambique Philippe Légré n’ont pas eu de chance. Le vent du changement soufflé par M. Ouattara dont M. Légré chante pourtant les louanges à toute heure, l’a emporté.

 

Un commando pour relever les défis

Même si certains Ivoiriens ne sont pas totalement satisfaits du fait que des ministres dont ils réclamaient le départ, sont reconduits, ils ne devraient pas être déçus dans six mois voire au bout d’un an. Car à l’évidence, les missions confiées à cette nouvelle équipe paraissent claires. Finis les risques de piétinement entre les ministres. Chacun des membres de la nouvelle équipe a son territoire, bien délimité, les ministères qui avaient été éclatés pour un souci d’efficacité ont désormais fusionné. C’est notamment le cas du département de la Justice qui regroupe dorénavant plus de prérogatives avec les Droits de l’Homme et des libertés publiques ou encore celui de la Jeunesse auquel est rattaché le Sport.

 

Moins de politique, beaucoup de développement

Le signe le plus parlant sur la nouvelle orientation que le président Ouattara entend donner à son gouvernement, c’est la place de choix qu’occupent les économistes et les acteurs de développement. Outre l’homme- orchestre, Daniel Kablan Duncan, qui a pris en main l’Economie et les finances et à qui a été adjoint une déléguée en la personne de Nialé Kaba, on retrouve un chef d’entreprise, Jean-Louis Billon au Commerce, à l’artisanat et à la promotion des petites et moyennes entreprises. A l’Industrie, il ya aussi un fin connaisseur des dossiers financiers, en la personne de Jean-Claude Brou qui a travaillé aux côtés du président Ouattara quand celui-ci était Premier ministre.

 

Le Rdr garde son rang

Le président Ouattara a sacrifié beaucoup de ses lieutenants, mais son parti continue de dominer le gouvernement. On compte 12 cadres du Rdr dans la nouvelle équipe, contre 15 dans la sortante. Le Pdci continue d’occuper un rang honorable avec 8 cadres contre 10 dans l’ancien staff. Le nombre de personnalités issues des ex-Forces nouvelles au gouvernement ne varie pas. Sorti, Konaté Sidiki a été remplacé par Affoussiata Bamba.

 

Les carriéristes poursuivent leur carrière

De nombreuses sources avaient vendu leur peau avant de les avoir tués. Ils viennent de démontrer qu’ils ont plus d’un tour dans leur besace, et devraient battre leurs propres records. Les carriéristes comme Patrick Achi (11 ans), Hamed Bakayoko (9 ans), Albert Toikeusse Mabri (9 ans) ou encore Charles Diby Koffi (5 ans), sont bien en place dans l’équipe de Daniel Kablan Duncan. Vous avez dit indéboulonnables ?

 

 

 

Marc Dossa

Articles liés

Partager l'article

About Author

(0) COMMENTAIRES DES LECTEURS

Laisser un commentaire