Affiche Faits divers — 16 septembre 2013
Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan: Fusillade entre gardes pénitentiaires et prisonniers

«C’est calme pour le moment. La situation est maîtrisée et c’est l’essentiel. Il n’y a pas eu de morts ni d’évadés. Il n’y a pas non plus de blessés. La situation est sous contrôle. C’est comme toute situation militaire. Tout est géré, tout est au beau fixe, toutes les forces sont présentes. » Ce sont les déclarations du commandant du Centre de coordination des décisions décisionnelles (Ccdo), le cdt Issiaka Ouattara dit Wattao. C’était samedi dans la cour de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) en face du bâtiment A. Entouré d’une centaine d’éléments, le commandant en second de la Garde républicaine (Gr) écoute le sergent-chef Fofana Ficette. Le sous-officier lui rend compte de la situation. Le procureur de la République, Adou Richard se joint à eux. Il se félicite de l’efficacité de la réaction des hommes du cdt Wattao. « Il paraît que ce sont vos hommes qui ont maîtrisé la situation », s’est réjoui le chef du parquet. Il est 13 heures. Selon le sergent-chef qui explique les circonstances de l’évènement, comme tous les samedis, jours de visite, Coulibaly Yacouba dit Yacou le Chinois a reçu des visiteurs. Ce dernier a souhaité quitter le parloir des prisonniers pour rejoindre ses proches. Ce que les gardes ont refusé. Pendant les explications, les éléments du Ccdo, de la police et des Frci se déploient autour des différents bâtiments. Ils sont en position de combat. Yacou et sa garde rapprochée ont bastonné l’élément de la police pénitentiaire. Les corps habillés ont tiré des coups de sommation afin de retirer leurs frères d’armes des mains des hommes de Yacou le Chinois. Que ne fut leur étonnement de voir une riposte avec un pistolet automatique. C’est la panique. Les geôliers font appel aux Frci. Ces derniers sont débordés. Les cinq mille prisonniers sont en colère. Ils veulent à tout prix sortir. Ils arrivent à casser les cadenas des barbelés de fer qui servent de muraille. Le Ccdo, les éléments du camp commando d’Abobo et ceux de Yopougon engagent encore des tirs de sommation. Les prisonniers sont repoussés dans leurs cellules. Deux d’entre eux sont atteints par balle. Une ambulance arrive pour les transporter à l’hôpital. Un soldat est également atteint au visage par une pierre lancée par les détenus. Il est rapidement transporté à la clinique de la Bae pour être soigné. Les forces de l’ordre prennent le dessus sur les prisonniers. Depuis leurs cellules, ils observent le cdt Wattao en scandant : « Y a pas garçons ! ». Wattao s’entretient avec sa troupe. Objectif : extraire Yacou de sa cellule. Le lt Djouroumou vient apporter son expertise à l’opération. Ils doivent lancer l’assaut. Après plusieurs concertations, ils demandent à ses éléments de replier. «Que tous ceux qui ne sont pas des gardes pénitenciers se mettent à l’extérieur de la prison. Laissez les gardes faire leur travail ». A 18 heures, Wattao donne des consignes. Certaines unités quittent la Maca mais restent toujours en alerte.
Bahi k.

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